Journal des arts et métiers, 09. 04. 21

De lourdes charges pour la population et les PME: Ueli Bamert, directeur général de swissoil.

Le 13 juin prochain, le peuple suisse se prononcera sur la nouvelle loi sur le C02. Du point de vue des PME, un «Non» à cette loi ratée s’impose, puisqu’elle renchérirait la mobilité et le chauffage, en pleine récession induite par le Covid-19. Seules quelques branches dépendantes des subventions bénéficieraient d’une telle politique.

Contre la nouvelle loi sur le C02 adoptée par une majorité du Parlement, un large comité économique constitué d’associations représentant un grand nombre de secteurs a recueilli plus de 115000 signatures en trois mois, malgré les restrictions imposées au titre des mesures sanitaires à la récolte de signatures. Ce résultat impressionnant prouve que la population est très sceptique à l’égard de la politique climatique suisse, perçue comme condescendante.

Une intervention sans fin de l’Etat

Ce scepticisme est plus que justifié: La nouvelle loi sur le CO, regorge de nouvelles taxes, d’interdictions et de mécanismes de redistribution. Elle entraînerait donc d’énormes coûts et restrictions supplémentaires pour la population et l’économie. Les points clés de la loi se lisent comme un «best of» des rêves prohibitionnistes de la gauche et des verts:

  • Avec la loi sur le C02, les prix de l’essence et du diesel vont augmenter de 12 centimes par litre, ce qui renchérira considérablement la mobilité.
  • Les systèmes de chauffage au mazout et au gaz seront de facto interdits; à la place, les systèmes de chauffage renouvelables tels que les pompes à chaleur seront obligatoires, indépendamment du fait que cela ait un sens technique ou écologique.
  • La taxe sur le CO, applicable au mazout et au gaz sera doublée, ce qui est particulièrement problématique pour les industries à forte consommation d’énergie, le secteur manufacturier, mais aussi les hôtels et les restaurants.
  • Une taxe allant jusqu’à 120 francs sera prélevée sur les billets d’avion, tandis que les vols privés seront également soumis à une taxe de 500 à 3000 francs par décollage. Ce serait un nouveau clou dans le cercueil de l’industrie aérienne suisse en difficulté et affaiblirait durablement la place économique suisse, qui vit de nos relations avec le monde entier!

Toutes ces charges importantes pour les consommateurs et les PME seraient un tant soit peu acceptables si l’on obtenait ainsi un effet notable sur le changement climatique. Mais cela ne sera pas le cas, car la Suisse n’émet qu’un millième des émissions mondiales de CO,, alors que les plus grands émetteurs de C02, comme la Chine ou les Etats-Unis, ne réduiront pratiquement pas leurs émissions. Dans ce contexte, une action unilatérale coûteuse au nom du climat de la part du petit pays qu’est la Suisse n’a aucun sens. Par ailleurs, la Suisse adopte déjà une approche exemplaire en matière de politique climatique, ce qui est constamment nié par les lobbyistes verts et des médias partiaux. Ainsi, la population suisse a réduit ses émissions de CO, par habitant de près de 24% au cours des dix dernières années. Aucun nouveau bâtiment équipé d’un système de chauffage fossile n’est construit aujourd’hui. La part de marché de l’électromobilité ne cesse d’augmenter et les propriétaires suisses investissent chaque année plusieurs milliards de francs dans l’assainissement énergétique de leurs bâtiments. Une loi sur le CO, pleine d’interdictions, de réglementations et de nouvelles taxes n’est pas nécessaire.

Distorsion de la concurrence

Les partisans de la loi sur le C02 affirment que cette dernière favoriserait l’économie et créerait de nouveaux emplois. En réalité, seules quelques branches bénéficieraient de cette loi qui fausse la concurrence, tandis que la majorité des PME supporterait des coûts de chauffage et de mobilité plus élevés. Les PME suisses font déjà face à de multiples obstacles bureaucratiques et des temps morts administratifs. A cela s’ajoute la récession induite par la pandémie, qui conduit de nombreuses PME au bord de la ruine. Dans la situation actuelle, il serait désastreux de faire peser sur les entreprises des coûts et une bureaucratie supplémentaires. Par conséquent, un NON à cette loi ratée s’impose le 13 juin prochain!