Revue Automobile, 25.03.21

Le coût de la vie n’augmenterait pas uniquement pour les automobilistes

Les tarifs affichés aux abords des stations-service ont encore augmenté ces dernières semaines. La hausse des prix de l’essence et du gazole en Suisse ne suit pas exactement le cours du baril de brut, celui-ci n’ayant pas autant d’influence sur les prix à la pompe qu’on le croit. Ce qui a un bien plus grand effet sur ces derniers, ce sont l’impôt et la surtaxe sur les huiles minérales ainsi que les taxes à l’importation. Actuellement, ces taxes prélevées par l’Etat représentent nettement plus de la moitié du prix de l’essence. L’influence du prix du pétrole brut est de l’ordre de 25 à 30%.

Si le prix des carburants a augmenté dès le mois de janvier, ce n’est donc pas dû qu’à l’évolution du prix du brut. C’est surtout parce que le taux d’imposition du litre d’essence et de gazole a été majoré au 1er janvier 2021 de 3,7 centimes. Les impôts et les taxes se rapprochent donc des 90 centimes par litre de carburant. Prédire l’évolution du prix de l’essence est bien évidemment ardu. Il dépend, en effet, de nombreux facteurs, dont le prix d’achat des produits à payer par les stations-service. Mais une chose est sûre: si le 13 juin, les électeurs suisses acceptent la loi sur le CO2, le taux des taxes prélevées par l’Etat sur les carburants augmentera de plus de 10%, car les coûts supplémentaires pour les opérations de compensation du CO2 risquent d’atteindre 12 centimes par litre d’essence ou de gazole. Il est illusoire de croire que ce plafond ancré dans la loi ne sera pas dépassé. Bien au contraire: il y a un grand risque de devoir payer des pénalités additionnelles dans le cas où l’on ne parviendrait pas à financer les rigoureuses obligations de compensation.

Hélas, cette loi sur le CO2 ne signifie pas la ! n de la surenchère. Elle prévoit une redistribution de la moitié de la somme censée revenir au Fonds pour les routes nationales et le trafic d’agglomération (FORTA). Conséquence: un déficit des ressources indispensables pour entretenir et moderniser le réseau routier. Si la loi est adoptée, une majoration supplémentaire de l’imposition sur les huiles minérales ne sera donc plus qu’une question de temps – il faudra bien un jour ou l’autre compenser l’argent qui viendra à manquer. Et ceci grèvera encore plus la locomotion individuelle motorisée.

Si vous pensez maintenant que ces augmentations de prix ne concernent que les automobilistes, détrompez-vous! En effet, la majoration du prix des carburants entraînera leune forte hausse générale du coût des transports, ce qui renchérira aussi à court ou à moyen terme les biens de consommation courante. Nous ne paierons donc pas plus cher uniquement pour l’essence et le gazole, mais aussi pour nos croissants et nos fleurs par exemple. Ainsi, la loi sur le CO2 ne renchérira pas seulement le prix des carburants (et donc des combustibles), mais aussi le coût de la vie dans son ensemble. Le 13 juin, nous avons la possibilité de nous y opposer en nous rendant aux urnes.