Autoinside, 04.06.21

Urs Wernli, président central de l’UPSA, craint des charges plus importantes pour la branche automobile en cas d’acceptation de la loi sur le C02. Et c’est bien mal venu dans la situation actuelle. Il regrette par ailleurs la position du TCS en faveur de la loi.

M. Wernli, nous voterons bientôt sur la loi sur le C02. Que pensez-vous de ces votations ?
Urs Wernli, président central de l’UPSA: La Suisse est un beau pays. Nous avons une qualité de vie élevée et un environnement intact. Nous devrions être contents. La révision de la loi sur le C02 risque d’entraîner une augmentation de la bureaucratie et des coûts. Nous devrions éviter cela.

Plus précisément ?
À coup d’interdictions, de prescriptions et de projets de loi, on tente d’obliger l’économie et la population à adopter de nouveaux comportements. C’est préoccupant.

Quel est le point de la loi sur le C02 qui vous déplaît le plus ?
11 s’agit surtout de l’augmentation des prix des carburants, jusqu’à 12 centimes par litre. C’est injuste et disproportionné. Cela engendre des charges plus élevées pour bien des PME et pour nos membres, charges qui rendent la situation actuelle encore plus difficile.

Et quels autres aspects ne vous plaisent pas ?
La révision de la loi sur le C02 méprise la volonté du peuple, car les citoyens avaient décidé, lors des votations du 12 février 2017. d’alimenter le fonds pour les routes nationales et le trafic d’agglomération (FORTA) avec les recettes des sanctions sur le C02 payées par les importateurs. Un peu plus de quatre ans plus tard, c’est déjà de l’histoire ancienne. La moitié des recettes seront reversées dans le futur fonds pour le climat dont la définition des objectifs est soumise aux décisions arbitraires, aux humeurs et aux majorités du Parlement. La volonté populaire n’est ici pas seulement dédaignée, mais clairement méprisée.

Quelles sont les conséquences d’un rejet de la loi sur le C02 pour la branche automobile ?
En cas de refus, il faudra se pencher rapidement sur des thèmes importants tels que la production de carburants de synthèse issue de sources d’énergie renouvelables, le développement des stations de recharge électriques, la promotion des carburants alternatifs tels que le gaz et les programmes d’efficacité énergétique pour les parcs automobiles existants tels que le CheckEnergieAuto de l’UPSA.

La valeur limite C02 a été fixée dès 2021 à 118 g par km, et avec elle les amendes C02. En fin de compte, qui assume ces taxes ?
Au bout du compte, c’est le client qui achète un véhicule avec un moteur puissant.

Les projets de protection du climat doivent être réalisés à au moins 75 % dans le pays. Les coûts ou le bilan coûts-bénéfices ne seraient-ils pas plus intéressants à l’étranger ?
Bien sûr! Des dépenses moindres permettraient de faire plus. La part nationale prévue rate clairement sa cible. Cette répartition est surtout coûteuse et n’est pas très utile.

Il ne faut pas sous-estimer les conséquences négatives du changement climatique. Il est aussi indéniable que la part causée par la Suisse est de moins de 1 %. Pourquoi donc une telle hystérie sur la question ?
D’un côté, parce que les médias culpabilisent les êtres humains au sujet du changement climatique et qu’un sentiment de fin du monde est largement diffusé. De l’autre, une représentation des conséquences dramatiques du changement climatique permet de créer de la peur au sein de la population.

Comment expliquer que l’Union suisse des arts et métiers (usam) ait participé à la récolte des signatures pour le référendum, mais décide finalement d’accorder la liberté de vote ?
C’est dû à la structure des membres de l’usam. Plusieurs membres profiteraient de la nouvelle loi sur le C02 : le bâtiment, le second-œuvre, les conseillers en énergie, etc. Ils ont réussi à obtenir une très faible majorité des membres de la Chambre suisse des arts et métiers en faveur de la liberté de vote. Je regrette cette décision.

Les opposants estiment qu’en cas d’acceptation de la loi, une famille de quatre personnes devrait assumer des charges supplémentaires de CHF 1000- par année. Ce chiffre est-il issu de calculs sérieux ?
Je n’ai pas connaissance de ces calculs. Mais il est sans doute vrai gue tout sera plus cher. L’Association suisse des propriétaires fonciers (HEV) prévoit que les assainissements obligatoires entraînent un renchérissement moyen du loyer d’un appartement de 100 m2 de CHF 140 – par mois selon une étude de l’Office fédéral de l’énergie (OFEN).

Regrettez-vous que le TCS, la plus grande association du secteur, ait prôné le « oui » à la loi sur le C02 ?
Oui. beaucoup. Chaque allié supplémentaire est utile pour refuser cette loi inutile.

L’orientation générale de la politique des transports de l’UPSA changera-t-elle en fonction du résultat du 13 juin 2021 ?
Non. L’UPSA est et reste ouverte à l’innovation, mais refuse des mesures engendrant une distribution unilatérale et aucune amélioration.

Que dites-vous aux citoyens qui vont voter ?
Dans tous les cas. votez et refusez la loi. Encouragez vos amis et vos connaissances à voter dans ce sens.

Une question pour finir: que faites-vous personnellement pour protéger le climat ?
Ma femme et moi avons fait poser une installation solaire sur le toit de notre maison et contribuons ainsi à l’utilisation des énergies renouvelables. Et je conduis une voiture écologique avec une motorisation raisonnabl