Arguments
contre la loi sur le CO2

Votation fédérale du 13 juin 2021

Argumentaire

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I. Principaux messages :

La protection du climat est une tâche mondiale et coûte beaucoup d’argent.

Ces coûts seront payés par les (petites et moyennes) entreprises, les consommateurs et les ménages.

Nous pouvons être fiers du fait que la Suisse joue un rôle de pionnier dans la protection du climat et de l’environnement. Cela devrait toujours être le cas à l’avenir.

Il y a trois raisons de dire non à la nouvelle loi sur le CO2 :

La nouvelle loi sur le CO2 est:
1. Coûteuse
2. Inefficace
3. Antisociale.

Pourquoi coûteuse ? Parce que…

  • La loi sur le CO2 augmente le prix de l’essence et du diesel d’au moins 12 centimes par litre – La classe moyenne et les personnes à revenus modestes ne peuvent pas se le permettre !

  • La loi sur le CO2 fait plus que doubler la taxe sur le mazout et le gaz – cela touche les locataires, les petits propriétaires ainsi que les PME ! Or, la taxe sur le CO2 en vigueur en Suisse est déjà parmi les plus chères du monde !

  • La loi sur le CO2 interdit pratiquement les systèmes de chauffage au mazout et au gaz – ce qui fait peser une lourde charge sur les propriétaires dont le budget est serré, car le chauffage renouvelable est plus cher et car des mesures d’assainissement énergétique de leurs bâtiment leur seront souvent imposées !

  • La loi sur le CO2 introduit une nouvelle taxe sur les billets d’avion, pouvant monter jusqu’à 120 francs – ce qui pèse particulièrement sur les jeunes qui aiment voyager et sur les familles avec enfants !

  • La loi sur le CO2 pourrait entraîner rapidement des coûts supplémentaires jusqu’à 1000 francs suisses par an pour une famille de quatre personnes – un trou dans le budget de toute famille suisse avec des revenus dans la moyenne !

Pourquoi inefficace ? Parce que…

  • La loi sur le CO2 génère des charges importantes pour la population et les entreprises suisses sans effet notable sur le climat, puisque la Suisse n’est responsable que d’un millième des émissions mondiales de CO2 et que la loi ne pourrait entraîner qu’une diminution d’un demi-millième des émissions mondiales de CO2 – cela n’a pas de sens !

  • Même sans nouvelle loi sur le CO2, la Suisse est déjà exemplaire en matière de politique climatique, puisque nous avons réduit nos émissions de CO2 de 24% par tête d’habitant ces 10 dernières années – c’est pourquoi nous n’avons pas besoin d’un autre monstre bureaucratique !

  • La loi sur le CO2 conduit à plus d’interdictions, plus de réglementations, de nouveaux impôts et de taxes – nous avons déjà assez de réglementations bureaucratiques !

  • Avec la loi sur le CO2, l’État veut dicter au citoyen comment vivre. Or, la crise du COVID a démontré combien la population est attachée au principe de liberté.

Pourquoi antisocial? Parce que…

  • La loi sur le CO2 touche surtout les pendulaires, les habitants des régions périphériques, les familles d’agriculteurs, les locataires à faible revenu, les jeunes à petit budget et les PME – c’est antisocial !

  • La loi sur le CO2 augmente artificiellement le coût du chauffage, de la mobilité et des voyages en avion, ce qui affaiblit la compétitivité de l’économie suisse – cela nous nuit à tous !

  • La loi sur le CO2 nous coûtera des centaines de francs supplémentaires pour l’essence et le chauffage, alors qu’une grande partie des PME, à commencer par les restaurants, les hôtels, le secteur des voyages et de l’événementiel, mais aussi de nombreux employés, ouvriers et indépendants, luttent contre la faillite ou se retrouvent en chômage partiel ou au chômage à cause de la crise provoquée par la pandémie de COVID-19 – nous ne pouvons pas nous le permettre !

En d’autres termes :
La nouvelle loi sur le CO2 est un échec !

C’est pourquoi le 13 juin :
Non à la loi ratée sur le CO2 !

II. arguments détaillés

1. Coûteuse.

1.1. La loi sur le CO2 augmente le prix du carburant de 12 centimes par litre au minimum – cela touche tous ceux qui dépendent de la voiture, mais en fin de compte tous les consommateurs !

  • Les pendulaires qui dépendent de leur voiture seront pénalisés à coup sûr.

  • Il y a un déséquilibre en matière d’accessibilité aux transports publics entre les centres-villes, d’une part et les autres régions de Suisse, d’autre part. L’augmentation des taxes sur les carburants sera particulièrement discriminatoire envers les personnes qui habitent dans les régions périphériques et de montagne.

  • Les entreprises et les industries qui ont besoin d’une flotte de véhicules routiers motorisés du fait de leur activité (transports, nettoyage, livraison à domicile, agriculture) seront désavantagées.

  • L’augmentation du coût de la mobilité sera reportée sur le prix final des produits et des services, avec comme conséquence une augmentation générale des prix. En définitive, ce sont les consommateurs finaux qui devront supporter cette nouvelle charge, qui pèsera particulièrement sur les personnes à revenu modeste.

  • Le « fonds pour le climat» créé par la nouvelle loi sera alimenté par une partie des ressources versées actuellement dans le fonds routier FORTA. Ce détournement d’argent aura non seulement pour conséquence de réduire les moyens disponibles pour entretenir et développer les autoroutes, ainsi que les trams et les voies de bus; elle entraînera aussi, d’ici 2025 environ, une nouvelle hausse de 4 centimes par litre d’essence, qui sera nécessaire pour équilibrer le financement du fonds routier.

  • Finalement, la nouvelle loi sur le CO2 devrait entraîner une hausse d’au moins 17 centimes du prix du litre d’essence, TVA comprise, hausse qui s’ajouterait à la hausse de 4 centimes du prix du litre d’essence en vigueur depuis le 1er janvier 2021.

  • La loi sur le CO2 est trop orientée vers certaines technologies (par exemple l’électro-mobilité) et s’interdit d’autres perspectives d’innovation – peut-être plus efficaces – comme par exemple l’hydrogène. Or seule la diversité technologique permet de répondre efficacement à tous les besoins de mobilité.

  • L’augmentation générale du coût de la mobilité automobile a pour résultat de barrer l’accès de cette dernière à de nombreux jeunes, car leurs ressources financières sont insuffisantes. Après les multiples mesures de contrainte prises depuis le début de la pandémie de COVID-19 et en pleine crise économique qui frappe particulièrement notre jeunesse, il serait injuste de péjorer encore plus cette dernière.

  • La crise de COVID, a démontré la grande importance du transport motorisé privé pour chacun d’entre nous. .

  • L’augmentation du prix des carburants en Suisse seule pourrait conduire à un « tourisme à la pompe » dans les régions frontalières. En Suisse romande, Genève pourrait être très touchée. En effet, le tourisme à la pompe et bien souvent couplé au tourisme d’achat. Cela occasionnerait un important manque à gagner pour l’économie de plusieurs cantons. En période de crise comme celle que nous traversons, il est indispensable de tout faire pour que la population consomme localement et sur le territoire suisse.

  • Notre économie et toutes les couches de la population traversent actuellement une phase très difficile. Cette situation devrait se poursuivre à moyen terme. C’est donc le pire moment possible pour augmenter le coût de la mobilité automobile, indispensable y compris à celles et ceux qui se sont habitués à travailler… et se faire livrer à domicile.

1.2. La loi sur le CO2 renchérit les charges locatives et les loyers – cela concerne tous les locataires

Les loyers en Suisse – surtout dans les villes – sont déjà très élevés. La loi sur le CO2 ne fera qu’aggraver la situation :

  • L’effet incitatif de la taxe sur le CO2 est inexistant pour les locataires : les locataires paient la taxe CO2 sur le mazout et le gaz via les charges locatives et n’ont pas la possibilité de choisir leur système de chauffage.

  • Les coûts de chauffage (mazout et gaz) plus élevés dus à l’augmentation de la taxe sur le CO2 seront intégralement répercutés sur les locataires par le biais des charges locatives. Immanquablement, cela augmentera les coûts du logement pour toute une frange de la population, mais également pour des entreprises, des commerces et des restaurants. L’effet d’incitation voulu se retournera contre les plus modestes.

  • Les coûts supplémentaires engendrés par le remplacement d’installations de chauffage pourraient par ailleurs être répercutés sur les loyers. Cela entraînera à moyen terme une hausse des loyers en Suisse.

1.3. Interdiction de chauffer au mazout et au gaz – qui concerne en particulier les propriétaires

Avec la nouvelle loi sur le CO2, il sera de facto interdit d’installer de nouveaux systèmes de chauffage au mazout et au gaz, alors même que les systèmes les plus récents de chauffage pour ce type d’énergies sont très économiques en termes de consommation. A l’avenir, les systèmes de chauffage renouvelables tels que les pompes à chaleur deviendront obligatoires sans même analyser leur justification d’un point de vue technique ou écologique.

  • De nombreux propriétaires n’ont pas les moyens financiers de s’offrir un coûteux système de chauffage renouvelable.

  • Cela sera en particulier le cas des personnes âgées ou en âge de prendre leur retraite, qui ne pourront pas amortir un tel investissement, coûteux et qui ne se justifie pas d’un point de vue économique, pendant les années qui leur restent à vivre dans leur maison.

  • Les systèmes renouvelables tels que les pompes à chaleur ne sont pas adaptés à de nombreux bâtiments: le forage n’est pas possible en raison de la nature du sol, la pollution sonore serait trop élevée, la température annuelle moyenne est trop basse ou le bâtiment n’est tout simplement pas conçu structurellement pour une pompe à chaleur.

  • Le propriétaire doit pouvoir décider lui-même quel système de chauffage est le mieux adapté à sa situation.

  • L’installation d’une pompe à chaleur n’est par ailleurs généralement pas possible pour les bâtiments qui font l’objet de la protection du patrimoine bâti.

1.4. La loi sur le CO2 double la taxe CO2 sur les combustibles – cela désavantage nos PME et notre économie par rapport à la concurrence internationale et, en fin de compte, met en péril des emplois et des places de formation !

La taxe sur le CO2 applicable au mazout et au gaz sera plus que doublée, passant de 96.- à 210.- par tonne de CO2, soit environ 30 centimes supplémentaires par litre de mazout.

  • L’effet incitatif de la taxe sur le CO2 est très discutable : Un système de chauffage installé est utilisé jusqu’à la fin de sa durée de vie, en raison des coûts d’investissement élevés pour le remplacer. Une augmentation de la taxe sur les combustibles aura donc un effet incitatif au plus tôt lorsque le système de chauffage à mazout ou à gaz devra être remplacé de toute manière. D’ici à ce moment, la taxe sur le CO2 devra être payée, d’où un effet incitatif nul.

  • L’effet incitatif de la taxe sur le CO2 est inexistant pour les locataires: les locataires paient la taxe CO2 sur le mazout et le gaz via les charges locatives et ne peuvent pas choisir leur système de chauffage. Par ailleurs, le propriétaire n’est pas incité à passer à un système d’énergie renouvelable.

  • La taxe sur le CO2 actuelle est déjà parmi les plus chères du monde. Le doublement de cette taxe affaiblira la place économique suisse et appauvrira la population.

1.5. La loi sur le CO2 taxe les billets d’avion – elle frappe les jeunes qui aiment voyager, les familles avec enfants et désavantage les aéroports suisses.

Une nouvelle taxe de 30 à 120 francs sera introduite sur les billets d’avion.

  • L’objectif de cette taxe est d’inciter les gens à moins prendre l’avion. Or, cette taxe n’empêchera personne de prendre l’avion. Les personnes qui peuvent se le permettre paieront sans même guère s’apercevoir de la taxe. Les autres, aux ressources plus modestes, économiseront cet argent sur d’autres dépenses. Pas un vol ne sera ainsi évité.

  • Afin d’économiser de l’argent, les clients se tourneront vers des aéroports d’autres pays proches de la frontière, ce qui entraînera une pollution en raison des trajets en voiture jusqu’à ces aéroports. La population française du grand Genève pourrait ainsi préférer l’aéroport de Lyon à celui de Genève, par ailleurs très durement frappé par la crise économique.

  • L’aéroport de Bâle sera par ailleurs avantagé par rapport aux autres aéroports nationaux suisses, car la taxe suisse sur les billets d’avion ne pourra pas être prélevée dans la partie française de l’aéroport.

  • L’industrie aérienne en général et les aéroports nationaux en particulier, sont touchés de manière sens précédent par la crise du COVID-19. Ces derniers ont tout sauf besoin de nouvelles taxes et limitations de leur compétitivité !

1.6. La loi sur le CO2 taxe les vols privés – cela nuit à notre attractivité

Chaque décollage d’un avion privé dont le poids est supérieur à 5700 kg sera soumis à une taxe de 500 à 3000 francs suisses.

  • Les entreprises internationales – qui payent beaucoup d’impôts en Suisse – pourraient déplacer leur siège à l’étranger si l’aviation d’affaires devenait arbitrairement plus chère.

  • Les petits aéroports subiraient de graves pertes de revenus si l’aviation d’affaires devait décliner. Cela conduirait à la fermeture de certains d’entre eux pour des raisons évidentes de rentabilité.

2. Inefficace.

2.1 La loi sur le CO2 n’a pas d’effet notable sur le climat

La loi sur le CO2 ne sauvera pas le climat et encore moins la planète ! De fait, la loi sur le CO2 ne pourrait entraîner qu’une diminution d’un demi-millième des émissions mondiales de CO2. Raison pour laquelle les activistes du climat soulignent que cette loi est inefficace et n’empêchera pas la disparition de nos glaciers. Cette loi ne fera pas revenir des hivers plus froids non plus.

  • Pour rappel, la Suisse n’est responsable que d’un millième des émissions mondiales de CO2 (46 millions de tonnes par année sur 43 milliards de tonnes de CO2 émises au niveau mondial). Même si nous devions réduire nos émissions de CO2 à zéro du jour au lendemain, cela n’aurait aucun impact notable sur le climat.

  • Tant que les principaux émetteurs (Chine, USA, Russie, Brésil, etc.) ne réduiront pas de manière significative leurs émissions de CO2, le coûteux effort des citoyens suisses sera vain.

  • Le fait que la Suisse devienne neutre en CO2 n’aura pas d’influence sur l’évolution du climat. Dès lors, fixer une année précise pour arriver à cet objectif relève de la propagande « verte ».

  • La population suisse a réduit ses émissions de CO2 de 24% par tête d’habitant ces 10 dernières années sur la base de la loi CO2 en vigueur. La poursuite de cette évolution positive d’ici 2030 aboutirait à une réduction de moitié des émissions de CO2 par tête d’habitant par rapport à 1990. Un durcissement de la loi n’est donc pas nécessaire.

  • Les nouveaux bâtiments ne sont plus équipés de chauffage au mazout et presque plus de chauffage au gaz, la proportion de véhicules électriques et hybrides augmente régulièrement et la technologie existante en matière de chauffage et de moteurs devient de plus en plus efficace.

  • Enfin, la loi vise à réduire les émissions de gaz à effet de serre imputables à la Suisse de 50% d’ici 2030, par rapport à leur niveau de 1990. Mais la part des réductions à réaliser en Suisse même sera de 75% ! Or, le réchauffement climatique est une problématique globale. Ainsi, réduire une tonne de CO2 en Suisse ou à l’étranger a le même effet sur le climat, mais le coût de cette réduction est infiniment moindre à l’étranger.

  • Comme le relève avec justesse economiesuisse dans son programme climatique « La démarche de la Suisse doit être le plus largement possible coordonnée à l’échelle internationale. C’est seulement ainsi que l’on pourra protéger le climat, tout en évitant des désavantages concurrentiels pour les entreprises du pays. Idéalement, les mesures devraient être introduites à l’échelle mondiale, mais au minimum, la plupart voire la totalité des pays doivent s’engager sur une trajectoire de réduction identique ou similaire. Il faut éviter des mesures purement suisses ».

  • Nous soutenons les accords permettant à la Suisse de compenser une partie de ses émissions de CO2 par des projets climatiques. Tel est le cas d’ailleurs des accords signés par Mme la conseillère fédérale Sommaruga avec le Ghana et le Pérou.

2.2. La loi sur le CO2 est un monstre bureaucratique – elle est non seulement inutile, mais aussi nuisible !

  • La loi sur le CO2 conduit à plus d’interdictions, plus de réglementations, plus de nouvelles taxes.

  • L’État veut dicter au citoyen comment vivre. Or, la crise du COVID a démontré combien la population est attachée au principe de liberté.

  • Pour rallier une majorité parlementaire, la loi sur le CO2 a été « surchargée », au point que certains articles sont difficiles à interpréter, même pour des experts.

  • Plus de 2,2 milliards de francs de taxes diverses (carburants, combustibles, billets d’avions) seront prélevés chaque année sur la population et les entreprises, notamment pour financer le « fonds pour le climat », pour un montant d’environ 1 milliard de francs par an. L’administration fédérale aura la mainmise sur cette machine à subventions et décidera donc comment distribuer cet argent.

  • Le « fonds pour le climat » sera également alimenté par la moitié du produit des amendes payées par les importateurs automobiles au titre des prescriptions à respecter en matière d’émissions de CO2 des nouveaux véhicules immatriculés en Suisse, produit jusqu’ici affecté en totalité au fond routier FORTA, plébiscité par le peuple et les cantons en 2017. Ce transfert d’argent déséquilibrera le financement du fonds routier, financement qui devra donc être équilibré au moyen d’une nouvelle augmentation des taxes sur les carburants.

2.3. La loi sur le CO2 est fondée sur une illusion:

Il n’y a pas pour l’heure pas d’alternative crédible au pétrole et au gaz, qui assurent près des deux tiers de la consommation d’énergie en Suisse !

L’industrie pétrolière, qui assure à elle seule la moitié de la consommation suisse d’énergie, contribue de manière majeure à la sécurité de l’approvisionnement énergétique de notre pays, du fait notamment de ses énormes capacités de stockage. De fait, même dans les pires crises et en cas de pénurie d’approvisionnement, la population et les entreprises suisses peuvent être approvisionnées en produits pétroliers pendant au moins quatre mois. Par ailleurs, celui ou celle qui dispose d’un réservoir de mazout plein dans sa cave, n’a pas à se soucier de son eau chaude ou de son chauffage pendant tout l’hiver. Il est irresponsable de renoncer à cet avantage sans alternative crédible.

  • Personne ne sait très bien d’où proviendra le courant nécessaire aux voitures électriques toujours plus nombreuses, ainsi qu’aux pompes à chaleur, d’autant que nous allons fermer nos centrales nucléaires à moyen terme. Croire que, dans le même temps, les énergies renouvelables seront capables de fournir suffisamment d’électricité pour compenser ces fermetures est irréaliste. Nous allons affaiblir notre sécurité d’approvisionnement et devenir toujours plus dépendants des pays étrangers. C’est également la conclusion d’une étude de l’EMPA de juillet 2019.

  • Il est par ailleurs peu probable que nous puissions encore nous procurer de l’électricité à l’étranger en cas de crise, notamment parce ce que ces derniers dépendent de plus en plus des énergies renouvelables, dont la production est par définition intermittente.

  • La menace de pénurie ou de panne d’électricité massive est réelle. Selon des études fédérales, ce scénario aurait des conséquences bien plus graves que les pandémies ou le changement climatique.


2.4. La loi sur le CO2 ne favorise pas l’innovation : au lieu de multiplier les taxes, les interdictions et les réglementations, nous misons sur l’innovation !


Par sa capacité d’innovation, la S
uisse peut avoir un effet de levier important sur la scène internationale et efficace du point du climat. En tous les cas, bien plus efficace que de réduire d’un demi-millième les émissions mondiales de CO2.

  • La neutralité climatique n’est possible que par la recherche, l’innovation et des conditions-cadres durables, non par des interdictions, des réglementations et de nouvelles taxes.

  • La loi sur le CO2 est trop orientée vers certaines technologies (par exemple l’électromobilité) et s’interdit d’autres perspectives d’innovation – peut-être plus efficaces – comme par exemple l’hydrogène.

  • Le bilan CO2 des différentes technologies doit être considéré de manière globale (cycle de vie complet des véhicules ainsi qu’émissions de CO2 lors de la production du « carburant » nécessaire, à commencer par l’électricité).

  • La loi sur le CO2 vise à interdire des infrastructures entières dans les secteurs du chauffage et des stations-service, ce qui fait qu’il ne serait plus possible de développer des combustibles ou des carburants synthétiques ou biogènes.

  • La loi sur le CO2 ne mentionne pas explicitement l’utilisation du CO2 comme ressource, alors que de multiples exemples prouvent la pertinence de cette stratégie. En captant et utilisant le CO2 pour diverses applications, on puise dans le stock atmosphérique de CO2, contribuant ainsi à stabiliser les concentrations de gaz à effet de serre, objectif ultime de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques. Pour ce faire, il est possible de capter le CO2 concentré résultant des procédés industriels ou par extraction directe du CO2 dilué dans l’air. En parallèle au stockage géologique, il est possible d’utiliser le CO2 ainsi capté pour le stocker dans l’économie, sous forme de produits à valeur ajoutée. C’est un point essentiel : le CO2 peut devenir une source de revenus.

2.5. La loi sur le CO2 est non seulement inefficace, mais même contre-productive :

  • Dans la nouvelle loi sur le CO2, les carburants biogènes ne sont plus exonérés d’impôts, alors que ces derniers constituent l’une des mesures les plus efficaces pour la réduction du CO2. On peut aussi craindre, du fait de la hausse des coûts de l’énergie induite par la loi sur le CO2, une déocalisation d’activités d’entreprises suisses dans des pays qui ne connaissent pas ou peu de réglementations des émissions de CO2. Un double gâchis donc pour la place économique suisse et la protection du climat !

3. Antisociale.

3.1. La loi sur le CO2 frappe surtout les familles, les pendulaires, ainsi que les habitants des régions rurales et de montagnes

  • « La loi sur le CO2 est injuste, antisociale et pénalise les plus pauvres » : tels sont les mots utilisés par les activistes du climat. Nous partageons ce constat.

  • Tout le monde n’est pas impacté de la même manière par la loi sur le CO2 : Les familles, les automobilistes, les petits propriétaires, la population rurale et montagnarde seront davantage taxés que les bourgeois bohèmes de centres-villes bien desservis par des transports publics.

3.2. La loi sur le CO2 pénalise les locataires et les régions périphériques

  • L’Etat veut faire croire qu’il suffit d’avoir un « bon » comportement pour être bénéficiaire du système de taxes mis en oeuvre par la loi sur le CO2, ce qui ferait que seuls les « mauvais » comportements seraient taxés selon le principe « pollueur- payeur ». Or, de nombreux citoyens – par exemple les locataires ou les habitants des régions périphériques – ne peuvent pas modifier leur comportement, qu’il soit « bon » ou « mauvais ». En revanche, les personnes privilégiées – à haut revenu et habitant les centres-villes – seront parmi les bénéficiaires de la loi. C’est injuste et antisocial.

3.3. La loi sur le CO2 pénalise beaucoup de PME

  • Les artisans et les PME qui, en raison de leur activité, sont des consommateurs importants d’énergie, à commencer par les boulangers, devront payer plus de taxes que des grandes sociétés de services comme les banques et les assurances. Le coût de ces taxes sera reporté sur le prix final de biens de consommation courante, à la charge des consommateurs.

3.4. La loi sur le CO2 pénalise les revenus faibles et moyens

  • Si les personnes aisées remarqueront peu l’augmentation des taxes CO2, tel ne sera pas le cas de la classe moyenne et des plus modestes, qui devront en tenir compte dans leur budget. Compte tenu de la crise économique et sociale actuelle, un coût supplémentaire de 200 francs par an pour l’essence, le mazout ou les vacances d’été, constitue une charge importante pour beaucoup de personnes.

III Autres arguments

1. la loi sur le CO2 n’est qu’un début

Les Verts répètent que la loi sur le CO2 n’est qu’une première étape nécessaire mais insuffisante et ils ont déjà exposé leurs plans pour des mesures plus « ambitieuses ».

  • Si la loi sur le CO2 est adoptée, la prochaine étape consistera à demander des mesures beaucoup plus strictes, telles que l’interdiction des voitures à essence, des vols court-courriers et de la consommation de viande. Des taxes élevées sur des « produits néfastes pour le climat » sont certaines. On se dirige vers une mise sous tutellle complète de la population.

  • La loi sur le CO2 n’est pas un « bon compromis suisse », comme le prétendent ses partisans, mais une loi radicale, complètement surchargée, que les partis du centre ont acceptée sous la pression du mouvement dit de la « grève du climat ».

2. Les partisans de la loi y ont un intérêt financier direct

Beaucoup de partisans de la loi sur le CO2 bénéficient directement de celle-ci.

Les associations pétrolières et de transport sont accusées de lutter contre la loi sur le CO2 dans leur seul intérêt.

  • Or, les secteurs économiques qui soutiennent la loi sur le CO2 bénéficient directement du fonds climatique prévu et des nouvelles réglementations de la loi sur le CO2. Certains veulent ainsi éliminer du marché les énergies fossiles, moins chères. En revanche, les opposants à la loi sur le CO2 s’engagent pour des conditions de concurrence équitables et un marché aussi libre que possible..

3. Les mouvements de la grève pour le climat ont quant à eux un objectif très différent : « Le changement de système, pas le changement climatique »

  • Les mouvements de la grève pour le climat parlent ouvertement d’un changement de système, passant d’une économie de marché à un modèle de société socialiste. Dans l’histoire, de tels modèles n’ont conduit qu’à la misère, aux difficultés et au déclin.

4. Impact de la loi sur le CO2 sur l’économie et la population suisses

Les partisans de la nouvelle loi sur le CO2 font valoir que celle-ci réduirait nos transferts d’argent à l’étranger et créerait des emplois en Suisse.

  • Si cette argumentation était poussée jusqu’au bout, on devrait tout produire en Suisse, à commencer par les panneaux photovoltaïques, qui viennent principalement de Chine. Mais en argumentant ainsi, les partisans de la loi sur le CO2 veulent surtout nous faire croire que chacun et chacune touchera en définitive davantage d’argent qu’il ou elle a dû payer au titre de la loi sur le CO2: un mythe bien sûr, car les taxes magiques que personne ne paye au final n’ont bien entendu jamais existé et n’existeront jamais !

C’est pourquoi le 13 juin :
Non à la loi ratée sur le CO2 !